Soleil de 22 Heures & Orage d'Après-Midi

13/04/2012 - Pays : Bahreïn - Imprimer ce message

Aloha,

 

 Aujourd'hui je me vois contraint de valider un constat échangé autant chez le coiffeur pour dames que chez le poissonnier, au bistrot du coin, dans les petits déjeuners en famille,  dans les dîners en ville, dans les débats à la télé, bref ce constat est unanime : le monde est fou !
On le savait déjà immense, impitoyable, cynique, injuste, mais là il part en sucette, a un pet au casque, la cafetière fêlée, le pipeau fendu, un os dans le potage, du vent dans les voiles etc. ...
Tout ça en même temps... Si si... L'Afrique continue sur la voie de l'instabilité politique, à l'exception de quelques rares pays. C'est un peu comme un monument historique : quand on a fini d'un côté, il faut restaurer de l'autre. Là pareil, à peine un pays retrouve un semblant de stabilité paf un de ses voisins vit un putsch, dès celui-ci fini, un autre voisin sombre dans la guerre civile. Les économies déjà totalement exsangues de ces régions font les frais de ces troubles qui bien entendu n'encouragent ni le tourisme, ni le commerce et les populations dépourvues du minimum sont jetées sur les routes pour fuir tantôt les rêves de grandeur d'un vague sous-lieutenant promu généralissime à la vigueur de sa machette ou pour fuir un conflit civil plongeant ses racines dans des haines inter tribales ou inter religieuses. En même temps, cela fait des décennies qu'en Afrique on meurt de faim, de soif et de maladies parfaitement curable pour peu qu'on ait le minimum nécessaire pour soigner sur place et tout le monde ou presque s'en fout. Je ne vois pas pourquoi on s'inquièterait des querelles intestines du continent le plus incompris de tous.

Pendant de temps, en Europe, n'ayons pas peur des mots : c'est la merde !
L'économie fait du kitesurf et même les plus grandes entreprises industrielles ont le hoquet. Pas un jour sans qu'un journal titre sur les suppressions d'emploi de grands groupes comme Sony, de banques en difficulté, etc... Enfin je dis pas un jour, ce n'est pas tout à fait vrai, quand Eva Joly fait la folle dans les escaliers d'un cinéma, ça escamote tout le reste ! Heureusement qu'elle ne s'est pas cassé le col du fémur, on aurait eu l'air fin avec une candidate en déambulateur :p
Les pays les plus en difficulté jonglent avec les plans d'austérité / relance dont les citoyens ne veulent plus et ces derniers manifestent bruyamment, et parfois violemment contre leur gouvernement drapé dans la certitude qu'il n'y a pas d'autre solutions. Pendant ce temps, Poutine bourre les urnes sans complexes et érige la corruption en système tandis que les rares qui s'insurgent sont mis à l'index, voire emprisonnés et au final risquent leur vie pour avoir dénoncé le dictateur le plus proche de nous. L'inquiétude face à l'avenir partagée par toutes les régions de l'Europe fait bien entendu le lit des souverainistes, puis des nationalistes quand ce n'est pas des populistes et xénophobes de tout poil. Le moindre incident est un prétexte pour stigmatiser ce vilain "autre" qui ferait mieux de ne pas la ramener "déjà qu'il est pas comme nous et qu'il est chez nous" (Résumé du cours de sociologie façon Marine). Comme de bien entendu, les extrémistes de tous horizons s'excitent comme des puces et alors que le climat est déjà délétère, ils en font des caisses à coup de provocations avec la complicité aussi coupable qu'imbécile des médias de tout poil. Je présume que la prochaine étape doit être la constitution de barricades entre la rue de la mosquée et la place de l'église !

L'Asie de son côté n'est pas à la fête non plus... Entre le Japon post Fukushima qui n'en finit pas de se remettre à niveau, la Thaïlande post innondations, la Corée post Kim Jong-Il vit à l'ère Kim Jong-Un (ça c'est du changement !!!), la Chine qui voit ses exportations à la ramasse du fait de la mollesse des économies occidentales et qui continue à soutenir mine de rien le régime d'El Assad, ou en tout cas qui ne condamne pas clairement, ce qui revient sensiblement au même. La junte militaire au pouvoir au Myanmar (anciennement Birmanie), a mis de l'eau dans son vin d'une manière aussi soudaine qu'inexplicable, libéré l'opiniâtre Aung San Suu Kyi et organisé des élections libres... Un peu comme si tatie Danielle organisait un pique nique monstre pour la fête des voisins, comme ça... Sans raisons particulière... Au Pakistan, un brave ministre a suggéré qu'on pourrait peut-être supprimer la peine de mort pour les blasphémateurs parce que bon, c'était un peu dur quand même... Hé bien il a été condamné à mort justement. Non il a pas blasphémé mais les islamistes extrémistes du cru (et il y a un sacré nid là-bas) on décidé que trop c'est trop et il a fini par être assassiné.

Et l'Amérique alors ? Ben là-bas, c'est pas l'Amérique non plus hein (bon côté vanne molle, j'avoue que celle-là vaut son pesant de cacahuètes ^^).
Sur le plan intérieur, c'est une catastrophe. La crise est énorme et apparemment la majorité des gens ne comprennent pas ce qui se passe. Ils se retrouvent au chômage, expropriés, et "pauvres" en un tour de main. Triste décennie pour le rêve américain ! D'autant que les primaires républicaines apportent leur lot de relents faisandés en mettant en exergue tout ce que la politique a de moche et puant. Tous ces gens qui se jettent des détritus à la figure, se traitent publiquement de dégénérés, et qui dans quelques mois se donneront l'accolade en espérant récupérer du vainqueur un poste de rond de cuir ultra bien payé quelque part dans la tentaculaire administration américaine. Tiens c'est marrant ça me rappelle un peu la primaire socialiste... Pas facile l'exercice de combattre l'autre de toutes ses forces pour ensuite devoir passer au rôle de soutien de poids :D Un assez petit nombre arrive à s'en tirer avec élégance et crédibilité, mais la majorité fait figure d'envieux dépité ou d'hypocrite patenté.
Sur le plan extérieur, Hillary tente de  faire porter la voix de l'ex maître du monde en menaçant les dictateurs de tout poil, les violents comme Assad, les décrépits comme Castro, les atomiques comme Ahmadinejad. Elle susurre son indignation dans les oreilles israéliennes, chinoises et russes mais pas trop fort quand même pour ne pas les réveiller. Tout est sous contrôle non ?
L'Amérique latine on n'en entend presque plus parler pour le coup sauf pour les habituels clichés. Les Farc veulent faire la paix, la Colombie va devenir un aimant à touriste, le Vénézuela un pays où tout le monde est heureux (si si tu es obligé !), le Brésil un monument à la non-violence avec une délinquance proche de zéro et tout trafic de drogue aura cessé avant 5 ans dans tous les pays au sud du Golfe du Mexique. Ben tiens...

Bref, comme vous le voyez, bien que je contemple le monde par le tout petit bout de ma lorgnette perso, je trouve que c'est un tel bazar qu'on dirait la chambre de mon fils au sommet de son âge bête. J'imagine ceux qui prennent le temps de lire au sujet de tout ce qui se passe partout... Ils doivent être totalement déprimés ! D'autant que pour faire plaisir à Eva, le temps aussi c'est du grand n'importe quoi, d'où mon titre.
Alors le soleil de 22 heures, je vous rassure quand même, Bahreïn ne s'est pas retrouvé au soleil en pleine nuit... Le climat n'est pas déréglé à ce point, n'en déplaise à nos militants verts. Non le soleil c'est moi qui l'ait fait. Sortie de la chorale, 22 heures après une séance aussi longue qu'ardue (la date du concert approche :p). Nous sommes tous un peu groggy, enfin moi du moins je le suis et je sors de l'hôtel qui abrite nos répétitions accompagné par l'un des autres ténors. Tout en discutant, nous descendons l'escalier recouvert d'un tapis rouge qui mène au parking. Et c'est là que mon pied droit, membre en qui j'avais jusqu'alors toute confiance, a un petit coup de mou et se prend lamentablement dans le tapis de l'antépénultième marche dudit escalier, compromettant irrémédiablement l'équilibre de l'imposant édifice. Je m'affale donc lamentablement en me demandant avec l'esprit caustique qui me caractérise pourquoi Daniel Craig aurait fait de ce vautrage ridicule une cascade virile avec roulé boulé en costard et brushing impeccable à la fin et moi non. En me vautrant, j'ai envoyé valdinguer à deux mètres le pupitre dans lequel le valet de parking range les clés des voitures, ma poche de chemise s'est vidée de son contenu, argent liquide, cartes bancaires, stylo tandis que mon sac se prenait pour superman et remontait l'escalier. Je me retrouve donc à plat ventre dans un escalier, ou plutôt les jambes encore sur l'escalier, le buste sur le parvis. J'ai évité un énorme pilier de la tête (20 cm... ouf !) et le choc initial a donc été pour mon côté droit et le bras correspondant (oui parce que quand on tombe, on met les bras en avant pour se protéger... Heureusement, ça je le savais :p). Du coup plein de gens affolés se précipitent vers toi. La préposée de l'hôtel veut gentiment me relever... Elle fait un mètre soixante et quarante kilos et rien qu'en la serrant je pourrais la casser donc m'appuyer sur elle est hors de question. Tout le monde demande si ça va... Tu penses, j'ai 45 balais, je suis crevé et je viens de vivre une expérience cuisante sur le plan de la fierté et de la dignité autant que douloureuse pour me côtes et mes dessous de bras mais sinon je suis au top ! Je me redresse sur les genoux, me relève (difficilement, la terre est vachement plus basse que la dernière fois que je suis tombé !), rassemble mon inventaire que les témoins attentifs et compatissants ont ramassé pour moi et prends congé en remerciant façon "Pfff j'ai même pas mal". Une fois assis dans ma voiture, à l'abri des regards, je fais le compte de mes contusions... Poignet, intérieur du bras toutes les côtes du côté droit... Bon rien de cassé mais tout ça va être passablement douloureux pendant quelques jours, du coup pour la nuit je m'enfile un Panadol (le remède miracle ici : 500 mg de paracétamol :p) avant de dormir (enfin je m'enfile... c'est un comprimé, donc voie orale... J'en connais qui vont forcément déraper si je ne précise pas !). Le matin au réveil, c'est "Chronique d'une mort annoncée". Je me déplie avec prudence tout en émettant une série de aïe-aïe-aïe-aïe-aïe-aïe-aïe-aïe-aïe-aïe-aïe-aïe-ouille annonciateurs de la bonne journée que je vais passer. Dans la glace de la salle de bains, tout mon côté droit et le dessous de mon bras arborent fièrement les couleurs de leur nouveau parti : l'ecchymose !
Un dégradé incertain de mauve, bleu, rouge bordeaux, grenat mordore mon épiderme, cerné de quelques parties jaunâtres. Là, à poil devant ma glace, pas très réveillé, contemplant le désastre, deux idées me traversent simultanément :
- Si j'étais gogo danseur, je serais sacrément dans la mouise pour aller bosser
- Je me demande si le peintre William Turner aurait pu rendre ces couleurs avec le réalisme qu'on lui connaît.
Bon je partage avec vous les méandres de mes réflexions, même spontanées alors que c'est typiquement ce genre de choses qui font dire à mes enfants que je suis "quand même salement frapadingue".... bon ça c'est fait ! Voilà pour le soleil de 22h.
L'orage de 17h du titre fait allusion au déchaînement météorologique qui a frappé l'archipel hier. après avoir trempé dans ma piscine pendant une petite heure, le radieux soleil qui illuminait mon matin s'est caché derrière d'épais nuages. Comme c'est la deuxième fois en deux weekend, je vais finir par me demander si ce n'est pas de voir la lune qui fait cacher le soleil !
Je suis donc rentré vaquer pendant que dehors le temps ne cessait d'empirer jusqu'à ce qu'il pleuve des trombes du fait d'un gros orage. Tonnerre, éclairs, panne d'électricité... La totale quoi. J'ai dû jouer au jeu préféré des électriciens. après avoir relevé deux fois le disjoncteur principal, j'ai fini par fermer les 32 coupe circuits secondaires, remettre le principal puis rallumer un par un les secondaires jusqu'à ce que ça saute de nouveau. Résultat des courses, il y a des fils qui se touchent entre l'éclairage extérieur et la cuisine. Comme il pleut 4 fois l'an (quoique cette année....) et que la maintenance ne brille pas vraiment par les adjectifs en -ité (perspicacité, efficacité, etc.) je pense que je n'ai pas fini de voir mes plombs sauter les nuits d'orage !

De toute façons, peu importe le temps, peu importe que le climat devienne fada et le monde barjot, moi j'ai du soleil dans la tête pour tenir les jours de mauvais temps... J'en ai même assez pour partager alors n'hésitez pas ! Venez avec le vôtre on fera un b½uf !

 

Hop faites attention à vous et aux autres....

La bise

Olivier




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Par CAPRICE35
le 21/04/2012 à 20:48:35
Que d'aventures...entre la gazinière qui explose, les émeutes, maintenant le soleil de minuit bientôt la lune en plein jour !! J'espère que tes bleus ont virés au violet ça veut dire que bientôt ils seront jaune et le blanc redeviendra ta couleur normale ;) Merci pour le soleil que tu as dans la tête je continuerais à te lire assiduement car de moi tu ne connaitras que mon mari ;) peut être un jour inch'allha. Faut vraiment que tu penses à publier tes écrits. Bonne continuation (faut que tu filmes votre représentation qu'on est le plaisir d'écouter le résultat de tant d'efforts)
La bise
Par Olivier KRAFT
le 22/04/2012 à 17:21:28
Coucou Christele,

Mes yeux sont restés bleus ! Comme je ne me suis pas cogné la tête ou le visage, heureusement ma douleur a pu rester dissimulée sous mes vêtements et j'ai pu éviter l'embarras des questions des 300 employés du magasin !
Et pourquoi je ne connaîtrai que ton mari ??? Tu ne viens plus à Bahreïn ??? Jamais jamais ? :(
Pour ce qui est de la publication, merci de ce que je prends comme un compliment flatteur mais qui va s'intéresser à ma petite vie pour la publier... Sérieusement ! ^^

Prend bien soin de toi !
La bise

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