Tout l'univers est contre moi & Je vais à Dubaï

05/11/2010 - Pays : Bahreïn - Imprimer ce message

Ceux qui me connaissent le savent, j'ai comme tout le monde mes côtés pesants (ma fille soupirera en levant les yeux au ciel pour confirmer :p) mais je suis plutôt d'une nature joyeuse, enthousiaste et affublé d'un indécrottable optimisme... Sauf une fois par an en moyenne, pendant un jour, j'ai ma journée "tout l'univers est contre moi"... Cette journée c'était jeudi :D
La journée commence plutôt bien : nous démarrons une opération qui est superbement mise en œuvre dans l'entrée du magasin, les équipes ont fait du super boulot, la réunion du jeudi matin est ajournée pour cause de boss occupé et le magasin de meuble doit me livrer mon canapé, mon lit et ma table de salle à manger en fin de matinée... Cool non ? Cerise sur le gâteau, je prends l'avion à 15h pour Dubaï où comme expliqué dans un message antérieur, je suis invité tout frais payés par la patronne de notre agence de communication (qui fait partie de notre boîte) à une soirée Diwali.
Vous allez me dire : de quoi se plaint-il ? Bougez pas ça vient ! Le magasin de meuble s'est engagé à me livrer entre 10h30 et 11h et à me téléphoner une heure avant d'arriver chez moi. Mon téléphone sonne donc à 11h05 et le livreur me dit :
"On est chez vous dans 10 minutes"... Ah oui mais non, je travaille à 20 - 30 minutes selon trafic de mon domicile, je ne risque donc pas d'y être dans 10... Le brave homme étant aussi démuni de solution que de ponctualité et ayant déjà dû batailler pour avoir la livraison dans un délai raisonnable, je lui dis que je vais m'organiser. J'appelle ma femme de ménage qui est chez moi en lui demandant si elle peut attendre mon retour avant de rejoindre ses pénates. Normalement elle bosse jusqu'à midi mais bon... C'est toujours ce jour là que comme par hasard elle aura décidé de partir un peu plus tôt.
Je rentre à toute blinde et comme de bien entendu j'arrive avant le camion.... Stait bien la peine que je cavale   >_<
Il est 11h30, je dois partir à l'aéroport à 13h, je fais donc ma valise pour le weekend et je commence à préparer mon déjeuner. 12h30 toujours personne... Ça fait presque une heure et demi qu'ils devaient arriver dans 10 minutes... Soit on est pas sur le même fuseau horaire soit il y a un os dans le potage... J'appelle donc le monsieur grâce à mon téléphone portable qui se rappelle de tous les gens qui m'ont appelé et le bonhomme un peu énervé m'explique qu'ils ont crevé et qu'ils ne viennent pas... Je lui montre que moi aussi je peux être énervé et lui demande à quel moment exactement il comptait me prévenir ? Sa réponse manquant singulièrement de consistance, je raccroche et décide de me faire un café... Tant qu'à être speed autant blâmer El Gringo ou Grand Mère-Sait-Faire-Un-Bon-Café ça leur fera les pieds tiens. En plus ma maid fait du zèle et est encore là à 12h30 passée alors que d'habitude elle file à 12h tapantes. C'est peu de dire que je ne suis pas plus que ça réceptif à la parade nuptiale du plumeau vert et des gants roses autour de moi... En fait j'aimerais bien qu'elle rentre chez elle pour que je puisse me poser en caleçon et boire mon café peinard mais non elle s'est lancé dans une version gore d'une pub pour spray dépoussiérant. Vingt minutes plus tard on sonne à la porte, elle se précipite pour ouvrir. Le camion du magasin de meuble dont le pneu s'est regonflé tout seul est là... Grosse fatigue... J'explique au monsieur avec tout le calme dont je suis capable que je dois partir pour l'aéroport, qu'ils me font vraiment l'impression d'une troupe de scout en mission suicide chez un commerçant et que comme ils ne vont pas monter une chambre à coucher, une table de salle à manger avec chaises et un ensemble de canapés en 30 minutes, même à 4, ah non, 5 il y en a un qui est resté caché dans le camion, il vaut mieux qu'ils reviennent parce que ça ne va pas le faire... Il insiste un peu je bataille lorsque ma maid, probablement assaillie par les phéromones de nos 5 gugusses en combinaison, propose de rester même toute l'après midi s'il faut pour les regarder jouer des biceps dans ma modeste demeure. Bon... je capitule devant la montagne d'énergie qu'il va falloir pour mettre tout ce monde dehors en dix minutes. J'explique au superviseur où mettre les meubles et lui demande de bien vouloir déplacer mon lit actuel dans la chambre d'amis. Je redescends finir mon café en essayant de mon convaincre que non finalement c'était une fausse alerte et que ce n'était peut-être pas mon jour "tout l'univers est contre moi" en fin de compte...
Un énorme craquement au premier étage me confirme le vieil adage sur les peaux d'ours et leur commerce précoce. Je fonce (enfin je marche vite et monte les escaliers un peu moins vite, suis pas non plus devenu subitement Marie-Josée PEREC !) et je trouve mes indiens combinaisonés penché sur la carcasse de mon lit actuel qui manifestement n'a pas survécu à la traversé du vestibule du premier étage qui fait 5m de long... Ma maid inquiète est manifestement en train de se demander si le sang se lave bien sur les murs en plâtre peint. Le mec même pas gêné m'explique qu'ils ont cassé le lit en le transportant (au cas où j'aurais présumé que ce dernier s'était jeté lourdement au sol ne supportant pas l'arrivée de son grand frère hein). Et pour que je ne m'énerve pas pour rien il ajoute "En même temps c'est vraiment de la mauvaise qualité comme lit"....
Là je bénis les cours de préparation à l'accouchement psycho-prophylactique suivis avec la mère de mes deux enfants. J'applique derechef les techniques de respiration qui sont sensiblement les mêmes que l'on accouche ou qu'on lutte contre une furieuse envie de meurtre. Je lui explique avec tout le flegme dont je suis capable que soit ils réparent le lit, soit ils l'emportent et m'en livre un neuf avant le lendemain. Comme il rechigne le bougre, je menace d'appeler son boss, du coup il considère ma demande avec un peu plus de sérieux et attaque les réparations. Avec tout ça les meubles ne se montent pas tout seuls et mon avion ne va pas m'attendre... Je m'enfuis donc loin de mes combinaisons aussi maladroites qu'incompétentes laissant la masure aux mains de ma maid qui, mi-apeurée mi-extatique, shootée aux phéromones mâles, colle au train des réservoirs de testostérone sous prétexte de supervision rapprochée ! Je m'engage dans le trafic avec du retard sur mon horaire, ce qui veut dire que je vais devoir speeder à l'aéroport, ce que je déteste.

Je vous passe le bazar pour traverser la ville le jeudi en début d'AM (c'est comme le samedi en France, un gros bintz sur la route). J'arrive enfin à l'aéroport non sans avoir laissé le peu de patience qu'il me restait sur la route. Je ferai un post prochainement sur la conduite à Bahreïn... il y en a à dire ! Je passe le check-in après avoir poireauté parce que je suis arrivé 5 minutes après le Music Camp de st Christopher School, autrement dit une bordée de biactols en route pour 15 jours de colo musicale à Dubaï. Deux adultes encadrent la 20aine de jeunes, tous affublés d'un tee shirt indiquant le but de leur voyage, chaque adolescent(e) étant bien entendu muni de son instrument préféré qu'il est hors de question d'enregistrer en soute parce que-c'est-fragile-et-ça-coûte-cher il paraît. Là je me dis que la journée de m... continue mais j'arrive à sourire en voyant un grand malabar portant un étui ridiculement petit (picolo ? flûte à bec ?) discuter avec une crevette maigrichonne qui elle se trimballe un étui énorme qui pourrait aussi bien contenir un trombone à coulisse que le cadavre d'un gros chien, après tout on ne sais jamais. Enfin j'embarque après avoir poireauté bien 10 minutes. Le préposé répond à ma demande que non il n'y a plus de siège couloir disponible et re non comme le vol est complet il ne peut pas bloquer le siège à côté de moi. La course, l'énervement et la station debout prolongée font que je suis un peu en nage. Je passe les contrôles de sécurité et me dirige vers la porte 33 comme me l'a indiqué l'hôtesse, non sans avoir vérifié que c'était bien celle inscrite sur ma carte d'embarquement. Loi de Murphy n°17, ta salle d'embarquement est toujours la plus éloignée de tout l'aéroport. Je dois fendre la foule des pèlerins qui partent pour La Mecque et qui se défont de leurs vêtements pour ne porter que le drap blanc de rigueur pour Hadj, le grand pèlerinage. J'arrive enfin à la porte 33, pas de vol pour Dubaï. Je relis attentivement tous les panneaux et je finis par demander à une hôtesse. "Oh désolée monsieur, la porte a changé, vous embarquez porte 14 finalement. Ils ne vous l'ont pas dit à l'embarquement ?" Ben si tu penses mais je voulais promener un peu ma valise pour lui dégourdir les roulettes la pauvre. Je plante là mon hôtesse et son regard de cocker privé de dessert et je me retraverse tout l'aéroport en scrutant le sol pour trouver un caca de chien à piétiner de mon pied gauche pour rétablir un tant soit peu l'équilibre cosmique manifestement très défavorable. J'arrive sur le fil à la porte d'embarquement n°14, trempé, essoufflé, probablement débraillé mais ça on s'en fiche avec une pensée émue pour mon futur voisin de voyage qui non content de me voir envahir son espace vital pour cause de corpulence hors gabarit, va en plus devoir supporter de délicates effluves de transpiration. J'y retrouve mon boss et sa famille qui m'annoncent "t'affole pas l'avion a du retard".. "Tout va bien je vais bien je ne vois pas pourquoi ça n'irait pas".... "Je suis gai, tout me plaît".... On s'installe pour boire un café, on embarque finalement, on s'envole, on se pose, tout s'est bien passé sauf que j'ai juste envie d'aller me coucher là... L'immigration prend trois plombes, les mecs sont rapides comme une employée de la poste polyarthritique en pré-retraite progressive. On sort finalement de l'aéroport, l'hôtel qu'on nous a retenu doit venir nous chercher. Il y a une vingtaine de gusses avec des pancartes diverses et variées mais aucune ne portant notre nom ou le nom de l'hôtel Ibn Battuta Gate. On refait deux fois le trajet, on a déjà fait des kilomètres pour sortir de l'aéroport de Dubaï qui est immense et dans le quel nous avons bien entendu atterri à l'opposé de la sortie. On ne change pas une équipe qui gagne hein :p Après 5 minutes d'attente nos décidons d'appeler l'hôtel, heureusement nous avions imprimé la confirmation de réservation. On appelle on tombe sur un disque. Une charmante dame nous explique combien notre appel est important pour eux mais que tous les "commerciaux" sont en ligne et qu'il va falloir patienter. Après 5 minutes, Yvan coupe et rappelle, redisque... re tentative, pareil. On attend un peu en écoutant la dadame annoner son message... Ça saoule un peu à force hein. J'hésite un peu entre prendre l'avion du retour et m'asseoir sur ma valise pour pleurer un petit peu. Yvan bien énervé aussi appelle un des collaborateurs de l'agence de pub qui s'est occupé du déplacement. Ce dernier nous dit que l'hôtel fait partie de la chaîne Moevenpick, ce qui n'est indiqué nulle part sur le mail qu'ils nous ont envoyé. Il y avait bien une dame avec une pancarte à ce nom là. Nous la rejoignons et lui exprimons clairement notre mécontentement. Elle s'excuse assez vaguement et un chauffeur nous rejoint. Il nos demande de le suivre, il est bien évidemment garé à l'autre bout du parking de l'aéroport. Il faut passer via un pont au-dessus de l'autoroute pour rejoindre sa voiture... Au point où on en est...

Nous arrivons enfin à l'hôtel super en retard du coup. Nous avons juste 30 minutes pour nous rafraîchir et il faut repartir, ils n'attendent plus que nous ! La chambre me rabiboche avec l'univers et je me dis que je n'en ai pas ch... pour rien aujourd'hui. L'hôtel est somptueux ! Un décor de palais arabe, une chambre parfaite avec deux salles de bains, douche ou baignoire, celle avec baignoire étant séparée de la chambre par un panneau de bois ajouré escamotable. C'est très beau et luxueux mais je suis quand même vraiment crevé après cette journée de dingue... Je mets quelques photos pour vous faire baver et je vous raconterai très bentôt la fameuse soirée Diwali. Pendant le vol, ma maid m'a envoyé un SMS pour m'indiquer que le marchand de meuble n'a pas pu monter la table de salle à manger, il "n'avait pas les vis"... J'ai vu de mes yeux le carton intact passer du camion à ma salle à manger... Il repassera dans deux jours... "Chante la vie chante...comme si tu devais mourir demain"   :D

 

D'ici là bonne nuit à tous

Besos

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Par Kris78
le 09/11/2010 à 09:04:56
Bonjour Olivier,

Après ces péripéties, j'espère que tu as passé une bonne soirée et que tu t'es noyé dans l'alcool pour oublier ta journée de m.... ( attention l'abus d'alcool est dangereux, bla bla ....)

Bises

Kris
Par Olivier KRAFT
le 09/11/2010 à 11:35:14
Ouiiii la soirée était géniale mais je ne bois pas d'alcool :D Parait que je suis déjà bien assez barré comme ça du coup c'est comme Obélix et la potion magique... Moi c'est jus d'orange :p
Ton homme est déjà parti ou toujours en France ?

Besos

Olivier
Par Kris78
le 09/11/2010 à 13:53:26
Il est toujours là en attente d'un papier qui doit arriver d' arabie saoudite ... à dos de chameau je pense vu le temps que cela met à venir :)
En même temps comme ça je profite encore de lui mais cela retarde d'autant mon arrivée là-bas!

Hasta la vista

Kris

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